La mouette rieuse :
La mouette rieuse Larus ridibundus L. :
Une opinion assez répandue veut que la mouette, si abondante parfois, soit un ennemi non négligeable des poissons. Elle est cependant bien moins habile à la pêche que les sternes. Elle plonge d’assez haut, mais il lui arrive rarement de s’enfoncer plus loin que la poitrine. Dans les lacs, elle ne peut donc s’attaquer qu’aux poissons qui se tiennent tout près de la surface, comme c’est surtout le cas des ablettes. J.Jirsik, en examinant des gésiers de mouettes en Bohême, ne put déceler, outre des chabots, que des ablettes, dont nos lacs sont si riches. La mouette est absolument sans danger pour les alevins à l’intérieur des ceintures végétales des rives.
Cette mouette ne peut commettre des déprédations que lorsque des circonstances très particulières la favorisent et que les poissons lui sont une proie très facile. Elle devient alors un hôte fort désagréable pour une pisciculture installée au voisinage d’une colonie, surtout si les étangs ne sont pas bordés de haies ou de rideaux d’arbres rendant plus difficile l’irruption des mouettes, en leur enlevant l’impression de sécurité que seuls leur procurent les grands espaces. Les mouettes se rassemblent volontiers au voisinage des grèbes huppés pour voler leurs proies à ces habiles pêcheurs. On sait aussi que, par exemple, certaines d’entre elles s’adonnent à la quête d’une sorte particulière d’aliment, il en est qui sont spécialistes de la pêche.
En revanche, les mouettes nettoient les eaux des poissons morts ou malades. Les riverains des lacs savent bien qu’elles se rassemblent en grands vols sur les emplacements contaminés par une épidémie de poissons. Elles peuvent y être retenues durablement et dans ce cas ne prennent que plus tard leurs quartiers d’hiver habituels. C’est en particulier ce qui s’est produit au Léman durant les automnes 1940,1941 et 1942.
