Le cincle aquatique Cinclus cinclus L. :
Les recherches scientifiques ont prouvé que le cincle aquatique ou merle d’eau, ce charmant ornement des rivières, contrairement aux idées qui régnaient naguère, se nourrit presque exclusivement de la petite faune aquatique, et qu’il ne touche presque jamais aux poissons. Le pêcheur n’a donc plus à le craindre. A vrai dire, il est bien possible que le cincle consomme ici et là du fraie de poisson, mais à coup sûr le chabot est un pillard bien plus redoutable. Le Dr Steinmann et ses collaborateurs ont analysé 85 pelotes de cincles aquatiques ramassées d’octobre 1934 à janvier 1935. Cette recherche a montré surtout, avec des éléments minéraux et végétaux, des restes de divers insectes, débris de chitine de coléoptères et de leurs larves, par exemple, et en particulier d’insectes aquatiques, avec des restes de crustacés.
Le Dr W. Buttikofer trouva surtout, dans treize autres pelotes de cincles, des débris chitineux provenant de gammares (crevettes d’eau douce), de phryganes, d’aselles, de coléoptères aquatiques et d’éphémères. Il y avait en outre des cellules végétales et de nombreux grains de silice. E. Eggenbrecht signale que parmi les animaux entrant le plus souvent dans le régime du cincle, il y a, en premier lieu, diverses espèces de phryganes à tous leurs stades de développement. Notamment, au cours de cette observation les larves de Phryganea striata ont été très nombreuses.
Ensuite, venaient les gammares. Diverses espèces d’orthoptères que l’auteur n’a pas pu déterminer figuraient aussi dans le régime. Enfin, les cincles adultes ont consommé des sangsues et de petits mollusques, mais ils n’en ont jamais donné à leurs jeunes. Le même observateur a encore vu dans le courant du printemps 1935 environ deux mille fois des cincles apportant de la nourriture au bec; il a observé très souvent ces oiseaux en chasse et précise, à l’adresse des éleveurs de truites, qu’il n’a jamais vu de cincle avec un poisson au bec. Mais, il ne tient pas pour exclu que dans certaines circonstances, le cincle s’empare d’une truitelle, à condition que le bassin des truitelles soit peu profond avec un courant très réduit. Ces circonstances n’existaient pas lors de cette observation de l’auteur, elles sont d’ailleurs rarement réunies.
