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Photo : www.charreysursaone.fr
La perche - Perca fluviatilis. La perche est aisément reconnaissable, en pleine eau, parmi les diverses espèces qu’elle peut accompagner, à ses bandes verticales sombres. Saisie, elle écarte ses opercules épineux et redresse les rayons acérés de sa nageoire dorsale : pour cette raison elle est désagréable à manier. Les stries verticales sombres des flancs sont de largeurs et de formes variables, on en compte ordinairement six à sept. Très accusées chez les individus qui hantent les herbiers, ces bandes ont certainement un effet de camouflage analogue à celui du tigre dans la jungle. En revanche, elles trahissent le poisson immobile sur un fond uni, malgré l’atténuation quelquefois considérable de leur ton. Une tache arrondie, parfois presque noire orne la partie postérieure de la dorsale épineuse. Jeune, la perchette est normalement fuselée; avec l’âge, sa forme se modifie, la convexité du dos s’accentue en avant de la dorsale jusqu’à former une véritable gibbosité. Une grosse perche, un boillat, comme on dit au Léman, est nettement bossue. La perche est un poisson très répandu aussi bien en eau courante, en plaine, que dans les lacs jusqu’à mille mètres d’altitude, dans les étangs, et même en Baltique en pleine eau saumâtre. Elle fraie de mars à mai selon la température de l’eau. Les femelles déposent leurs œufs de préférence sur les objets immergés, en particulier sur les treillis des nasses ou sur les branchages noyés à dessein. On obtient ainsi aisément les curieuses pontes qui forment de longs cordons gélatineux qui finissent par s’effilocher. Vu de près, un lambeau de ponte de perche ressemble à une élégante dentelle transparente, où brillent des perles, qui sont les œufs. Les jeunes perchées forment des bancs d’une densité parfois considérable. On en capture aisément des kilos qui constituent la jôlerie des Savoyards, fort appréciée des gourmets comme friture, mais dont le commerce est interdit... et clandestin ! Ces poissons, avec l’âge, deviennent de moins en moins grégaires et de plus en plus rapaces. La croissance paraît assez lente et très variable selon les circonstances, en particulier dans le cas où l’individu devient plus rapidement carnivore : sa croissance paraît alors grandement accélérée. La perche atteint facilement un kilo, mais les exemplaires de plus de trois kilos sont des raretés (1952). Les jeunes se nourrissent de plancton et, quand ils pullulent dans les lacs subalpins, on les accuse de concurrencer dangereusement les corégones. Mais ils ne se propagent exagérément que dans les lacs dont l’évolution biologique est accélérée par l’abondance excessive des matières organiques que l’homme y déverse. Les perches deviennent bientôt carnivores et volontiers cannibales, mais elles mettent toujours à profit les éléments de la faune de fond, en particulier les crustacés et spécialement les écrevisses, quand il s’en trouve. Depuis que la perche se multiplie dans nos lacs, elle est victime d’épidémies à répétition, d’une violence parfois extraordinaire, au point que les rives sont empuanties par les cadavres en décomposition. La qualité culinaire de la perche est remarquable.
| Provenance de l'article : www.gruyere-peche.ch
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