Le chabot de rivière - Cottus gobio (Cabot, chassot, séchot, têtard.) Le chabot est un poisson facile à voir et amusant à pourchasser. Collé au fond entre les galets, en général dissimulé à l’abri d’une pierre qu’il faut soulever, il apparaît, les nageoires étalées en éventail, curieux avec sa large tête aplatie de batracien.
Il ne s’enfuit qu’à toute extrémité et s’élance alors d’un bond, pour se poser un peu plus loin.
Tout an plus fait-il un ou deux crochets avant de reprendre son immobilité protectrice. Il est en effet fort bien camouflé parmi les ombres et les lumières du gravier, ayant le corps irrégulièrement tacheté de gris et de brun, plus ou moins foncé selon le milieu où il repose.
On arrive sans trop de peine à capturer à la main les petits individus qui se tiennent sous peu d’eau, mais les gros exemplaires s’éloignent de la rive et demeurent en profondeur. Le chabot se nourrit, naturellement, de la faune de fond qu’il capture entre les pierres.
Il est plutôt mal vu des pêcheurs qui l’accusent de se gaver du frai de la truite, avec laquelle il cohabite dans les rivières fraîches. C’est un grief qui me paraît mal fondé.
Le chabot fréquente aussi souvent la beine caillouteuse des lacs. Il fraie très tôt, en mars surtout.
Le mâle, qui a la tête bien plus large que la femelle, creuserait une fosse où les œufs pondus resteraient sous sa protection. Le fait est qu’on trouve presque toujours un mâle qui s’enfuit lorsqu’on soulève un galet recouvrant un paquet d’œufs.
Il arrive aussi que dans ce cas, le poisson reste sur place, dans une immobilité presque cataleptique, qui n’évoque guère l’idée d’une farouche défense de sa progéniture. On choisit souvent le chabot comme amorce, pour la pêche au brochet en particulier.
Photo : www.ruizfly38.over-blog.com