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Photo : www.questmachine.org
La carpe - Cyprinus carpio A l’état sauvage, la carpe a le corps couvert d’écailles assez grandes, puisqu’on n’en compte que 35 à 40 sur la ligne latérale. Elle est trapue, râblée, sa hauteur entrant environ 4 fois dans la longueur. La bouche est épaisse, avec des lèvres jaunâtres et porte aux commissures deux paires de courts barbillons. C’est un poisson brun ou olivâtre, à ventre jaunâtre. Le premier grand rayon dur des nageoires dorsale et anale est fort et dentelé en arrière comme un harpon. La dorsale, remarquable par sa longueur, est soutenue par 3 ou 4 rayons durs suivis de 17 à 22 rayons mous. L’anale au contraire est courte, avec 2 à 3 rayons durs et 5 rayons mous seulement. La caudale est fourchue, les nageoires inférieures sont souvent teintées de rouge comme celles de nombreux poissons d’ailleurs. Les os pharyngiens portent chacun 5 dents sur 3 rangs (3+1+1), les plus grosses usées à leur extrémité comme des molaires. La carpe étant l’objet d’un élevage depuis un temps immémorial, est devenue en pisciculture et en étang un véritable animal domestique. Comme tous les animaux apprivoisés par l’homme de longue date, la carpe d’élevage a perdu son aspect originel et acquis, par sélection, des particularités nouvelles : une croissance accélérée en partie par le gavage, une forme beaucoup plus haute et plus courte, une chair plus abondante, des arêtes plus grêles et plus rares. Chaque race d’élevage présente un gabarit particulier, mais les éleveurs mélangent volontiers les souches, à tort ou à raison, dans un but de perfectionnement. Certaines races ont conservé toute leur écaillure, ce sont les carpes-écailles, d’autres n’ont plus que quelques larges écailles brillantes comme des pièces de bronze, ce sont les carpes-miroir, d’autres enfin ont la peau nue ou presque, dure et coriace : les carpes-cuir. Ces types d’écaillure ne subsistent que par une sélection et des soins constants, ils ne sont pas fixés héréditairement. Les autres caractéristiques non plus, et dès que les efforts de l’homme se relâchent pour une raison quelconque, les carpes d’élevage retournent plus ou moins rapidement au type ancestral de l’espèce. Les pisciculteurs qualifient alors, indûment me semble-t-il, ces poissons de types dégénérés pour lesquels ils n’ont pas assez de termes péjoratifs. Pour un naturaliste, ces dégénérés se rapprochent de plus en plus de cette perfection d’aspect et d’aisance dans les mouvement qui caractérisent la carpe sauvage. La carpe sauvage vivant dans son milieu originel est, semble-t-il, mal connue. On a cru longtemps qu’elle n’était pas autochtone, elle l’est bien apparemment puisqu’on en a trouvé des restes dans des stations lacustres suisses qui datent de l’époque néolithique. C’est typiquement un poisson des eaux herbeuses. Il faut la voir, à la lunette sous-marine, dans l’eau claire des prairies lacustres, nonchalante entre les herbes, énorme et superbe, en compagnie de la tanche et de quelques perches vagabondes. Elle est certainement omnivore et fouille volontiers la vase à la recherche de la faune de fond. Elle ne dédaigne pas les alevins et même à l’occasion les petits poissons. Elle ne prospère vraiment que dans les eaux tièdes de la plaine ; dans les lacs du plateau suisse et de Savoie, elle n’est jamais très abondante. Lorsque baisse la température, en automne, son appétit diminue sensiblement. Elle paraît passer l’hiver dans un état de léthargie plus ou moins complète. Au printemps, les reproducteurs apparaissent près des rives, aux endroits bien exposés où l’eau peu profonde est réchauffée plus vite qu’ailleurs. Mâles et femelles se livrent alors à des courses-poursuites désordonnées, auxquelles on assiste sans grande difficulté en avançant, chaussé de bottes, dans les laiches ou dans les roseaux. Photo : www.flouretalainneuffr.unblog.fr
Les mâles portent alors comme beaucoup d’autres cyprinidés - comme aussi les mâles des corégones par exemple - des boutons blanchâtres qui tombent ensuite : ce sont les organes perlés qui donnent temporairement à la surface de la peau une rugosité en rapport certain avec les efforts qu’ils font pour se frotter contre les femelles. Une femelle semble pondre normalement quelque 100’000 œufs par kilo de son poids - jusqu’à 400’000 pour les carpes d’élevage ! Les œufs, petites perles transparentes sont visibles dans l’eau douce seulement sur fond blanc, comme aussi les alevins grouillants qui en sortent bientôt. Les petites carpes d’un été sont appelées, en pisciculture, feuilles, celles de deux ans sont des nourrains qui deviennent à trois ans carpes de remise. Elles sont adultes dès quatre ans. La croissance de la carpe sauvage semble assez lente quand on la compare à celle des carpes de pisciculture. Voici des chiffres de Roule : 1 été - 6 cm - 10 gr 2 étés - 10 cm - 50 gr 3 étés - 30 cm - 500 gr 4 étés - 38 cm - 1 kg 5 étés - 55 cm - 2 kg. Comme record, on cite des carpes ayant dépassé un mètre et 20 kilos, en particulier, un individu capturé en Dordogne qui mesurait 137 cm. et pesait 24 kilos. De tels monstres paraissent âgés de quelque 20 ans. Il faut rappeler ici que les carpes centenaires ne sont qu’une légende, celles de Fontainebleau en particulier ; les étangs de la région ayant été vidés à plusieurs reprises, l’existence de carpes ayant vécu sans interruption depuis le début du 19e siècle ne résiste pas à l’examen. Pourquoi veut-on qu’une carpe qui atteint 50 cm à 5 ans et même parfois en 3 ans ait un siècle quand elle mesure le double ? Il ne faut pas oublier que les poissons n’ont pas comme nous une taille d’adulte qui se maintienne inchangée pendant de longues années : ils s’accroissent, pratiquement, tant qu’ils vivent, s’allongeant de moins en moins à mesure qu’ils vieillissent, de sorte que l’arrêt de croissance, chez eux, est un signe de sénilité.
| Provenance de l'article : www.gruyere-peche.ch
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