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LES CORÉGONES : Ce sont des poissons réputés des lacs du front nord des Alpes et de l’Europe septentrionale. Ils sont remarquables par leur robe argentée, teintée de bleu, de vert ou de brun selon les variétés. Leurs écailles bien visibles, leur bouche petite, leur belle forme régulière les caractérisent suffisamment. Seul l’ombre de rivière s’en rapproche par son aspect général, mais il est bien reconnaissable à son exceptionnelle nageoire dorsale. La saveur délicate et la consistance parfaite de leur chair, quand elle est fraîche, en ont fait un produit réputé des lacs de Savoie, de Suisse et d’Autriche. Féras, lavarets, palées, bondelles, consommés sur place sont des plats de gourmets. Normalement, les corégones se nourrissent de plancton, certains d’entre eux pourtant, comme l’ancienne féra du Léman, prélèvent leur nourriture dans la faune de fond. Exceptionnellement les corégones, à défaut de plancton, se gaveront de larves de corèthres, comme le lavaret dans le lac d’Aiguebelette, ou même s’attaqueront à de petits poissons. Les corégones sont très exigeants quant à la qualité des eaux et aux conditions biologiques de leur milieu. L’évolution accélérée des lacs semble leur être funeste; ils ont déjà disparu des bassins, qui montrent des signes de pollution. Ils cèdent le terrain à d’autres espèces, comme la perche, dans les eaux dont la teneur en matières organiques augmente à l’excès. A l’heure actuelle, on peut considérer qu’ils ne se maintiennent en quantité économiquement suffisante, dans bien des lacs, que grâce à une pisciculture intensive. Si un corégone se reconnaît au premier coup d’œil, il est difficile et parfois impossible de distinguer les espèces les unes des autres. Des spécialistes de première force ont été victimes de cette grande uniformité d’aspect. Actuellement encore, les uns considèrent que tous les corégones appartiennent à une seule et même espèce, chaque forme correspondant à une variété écologique, c’est-à-dire modelée par le milieu. En Suisse, c’est l’opinion de Steinmann qui a consacré récemment à ces poissons une importante monographie. L’opinion adverse admet qu’il existe au moins trois ou quatre types distincts de corégones qui sont vraisemblablement autant d’espèces différentes, bien que difficiles à définir. La confusion provient en partie du fait que la pisciculture a mélangé les souches des différents lacs à tort et à travers, soit pour compenser d’inquiétantes raréfactions, soit simplement à titre d’essais, pour le plaisir de tenter des acclimatations. Nous ne considérerons ici que les corégones de la région occidentale des Alpes. La féra et la gravenche - Coregonus fera et Coregonus hiemalis Ce sont les corégones du Léman, ou plutôt c’étaient, car ces formes ont pratiquement disparu, mais les noms sont restés. La vraie féra, qui abondait au siècle dernier au point qu’un seul bateau de pêche en ramenait parfois des quintaux en un jour, a périclité en quelques décennies pour des raisons qui ne sont pas entièrement élucidées. Les gros exemplaires conservés dans les musées et les descriptions des auteurs anciens montrent que cette forme atteignait de grandes dimensions, plus de 60 cm. et plus de quatre kilos. Elle se nourrissait de la faune de fond surtout. Le nombre des lamelles portées par les arcs branchiaux (branchiospines) était faible, variant le plus souvent entre 20 et 25 sur le premier arc. Elle se reproduisait en profondeur par 100 mètres et plus, au mois de février. Les tentatives de tendre des filets sur ses anciennes frayères sont actuellement toujours vaines à ma connaissance. Quant à la gravenche qui semble avoir eu des mœurs différentes, elle ne se prenait guère qu’en novembre, au moment où elle apparaissait sur la beine, car elle frayait sous très peu d’eau. Photo : www.photos.forumpro.fr
Provenance de l'article : www.gruyere-peche.ch
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