La petite lamproie - Lampetra planeri (Mêmes noms locaux que la précédente, en outre : sucet, suce-pierre, etc.) On distinguera sans peine la petite lamproie de ses congénères à sa taille réduite.
Quand elle apparaît sur ses frayères, elle mesure, en effet, assez uniformément de 10 à 15 cm. Des lamproies marines ou fluviales de cette taille n’auraient à coup sûr que des organes reproducteurs rudimentaires.
L’examen du disque buccal montre en outre une armature réduite à 6 groupes de deux ou trois dents, complétées par des crochets minuscules à la périphérie du disque.
La lame cornée médiane est semblable à celle de la lamproie de rivière mais avec des pointes mousses. Le corps de l’animal, de la grosseur d’un crayon, est olivâtre, assez foncé, le ventre est clair et un peu argenté.
La petite lamproie ne quitte guère la rivière où elle est née. On la considère parfois comme une lamproie de rivière qui a perdu l’habitude ou l’instinct de descendre à la mer et qui, de ce fait n’atteint qu’une taille médiocre.
On connaît d’autres cas de nanisme consécutif à la suppression de l’existence en mer, chez le saumon par exemple, et chez les aloses.
Certains auteurs décrivent la petite lamproie comme une simple sous-espèce de la lamproie de rivière, dont les œufs mûrissent aussitôt la métamorphose achevée.
Les frayères de la petite lamproie peuvent être fort nombreuses dans les rivières fraîches à courant assez vif et régulier.
On les remarque comme des taches claires, surtout sur les seuils peu profonds où l’eau court sur un lit de gravier. Elles abondent en avril-mai réunies par petits groupes frétillants et grouillants.
Puis elles disparaissent comme par enchantement, et l’espèce ne se maintient plus que par ses larves enfouies dans la vase, où elles se constituent des sortes de tubes par agglutination de particules. La vie larvaire dure plusieurs années.
Les petites lamproies offrent donc une curieuse analogie avec les insectes comme les papillons ou les éphémères : une longue et obscure existence sous forme de larve, suivie d’une métamorphose aboutissant à une courte période de reproduction, qui leur est fatale.