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Photo : www.fnh.org
(Véron et divers mots dérivés, amaron, gravier). Ce petit cyprinidé, fréquent surtout dans les eaux claires des rivières et des lacs, est le seul poisson qui accompagne la truite dans les lacs d’altitude. Il a le corps allongé, arrondi, analogue à première vue à celui d’une truitelle, dont il se distingue naturellement par l’absence de nageoire adipeuse. Ses écailles sont minuscules, il en a 80 à 90 sur la ligne latérale, mais, vu sa taille, cette ligne est difficile à distinguer, d’autant plus qu’elle s’interrompt par endroits.
Photo : www.ja6.free.fr Normalement olivâtre avec des taches latérales plus ou moins diffuses formant parfois des bandes longitudinales sombres, il devient foncé à l’agonie et ces bandes alors apparaissent très nettement. Le mâle en fraie acquiert de magnifiques couleurs métalliques : dos bleu acier, bordé de lignes dorées, flancs marqués d’une ligne noire à reflets brillants, ventre rouge. Cette parure atteint son maximum de somptuosité au moment de l’excitation qui accompagne les combats. La femelle gonflée d’oeufs a le ventre bombé, rouge aussi, mais ses flancs restent marqués de taches aux contours incertains. Fréquent dans les cours d’eau assez rapides, il se rencontre aussi en rivières calmes, se chauffant au soleil d’été, mais alors il exécute, en bandes, des déplacements parfois considérables, probablement quand l’oxygène pour lequel il est exigeant vient à manquer. Sa nourriture a fait l’objet d’études très poussées. Dans les lacs, il consomme du plancton animal et végétal, ou encore des algues broutées sur le fond. En rivière, son alimentation comporte aussi la faune de fond et les algues filamenteuses. Il est donc nettement omnivore, et s’il avale des œufs de truite, comme on le lui reproche non sans véhémence, ce n’est pour lui qu’un des éléments nutritifs occasionnels que lui offre le fond. Dans les lacs d’altitude, on le voit souvent moucheronner. Je suis convaincu que le vairon ne peut être considéré comme néfaste que lorsqu’il pullule, et dans ce cas, c’est la faute de l’homme qui a éliminé ses ennemis naturels, les prédateurs. Il fraie au printemps, parfois dès avril, mais beaucoup plus tard en altitude. Les vairons très excités et parfois bruyants se tiennent alors en quantité entre les graviers sous quelques centimètres d’eau limpide. Il leur arrive constamment de retomber à sec au cours de leurs étonnantes pirouettes. Les mâles sont mûrs à 2 ans, les femelles à 2 ou 3 ans. Les œufs sont volumineux pour de si petits poissons (environ 1,3 mm). Une femelle en pond un millier, ils sont d’un blanc sale et collent aux pierres. Ils peuvent éclore en moins d’une semaine. Les vairons sont très appréciés pour la pêche au vif. Ceux des rivières de plaine dépassent dix centimètres. En altitude, ils n’atteignent guère que sept à huit centimètres.
| Provenance de l'article : www.gruyere-peche.ch
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