Samedi, 19 Mai 2012

Les maladies infectieuses - Les protozoaires

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1. Les flagellés
2. Les Ciliés
3. Les sporozoaires

Les protozoaires sont des animaux formés d’une seule cellule. Ils comprennent de nombreux parasites de vertébrés. On les divise en trois groupes :

  1. Les flagellés
  2. Les ciliés
  3. Les sporozoaires

1. Les flagellés :

Le flagellé le plus connu est Costia necatrix (voir figure), terreur des pisciculteurs. Il porte quatre flagelles, dont les deux plus grands sont locomoteurs, les deux plus petits lui servant à se fixer sur sa victime. On ne sait d’ailleurs pas très bien comment cela se produit, ni même si ce sont là de véritables flagelles. Ces protozoaires sont si petits qu’on ne peut les voir qu’avec les plus forts grossissements du microscope, sur des frottis de peau ou des branchies. Mais ils se multiplient si abondamment, qu’ils recouvrent les poissons d’un trouble laiteux. Les alevins de truites et d’ombles sont particulièrement sensibles à la costiase, et elle est désastreuse même pour les sommerlings. On la combat en immergeant les poissons menacés dans un bain de sel de cuisine ou de formol.

Le petit flagellé Octomitus intestinalis truttae est en forme de poire et porte huit flagelles. Il ne mesure que 5 à 15 millièmes de millimètres et vit dans l’intestin et la vésicule biliaire des truites, y produisant des ulcérations purulentes et des racornissements. Il semble s’attaquer principalement à des poissons déjà affaiblis, par exemple par des maladies de l’intestin.

Les carpes et les tanches sont sujettes à une sorte de maladie du sommeil qui peut d’ailleurs atteindre d’autres espèces. Les microbes qui la provoquent : trypanosomes et trypanoplasmes, sont très voisins de ceux de la maladie du sommeil de l’homme, et vivent dans le sang. On suppose qu’ils sont transmis le plus souvent par des sangsues. Les poissons qui en sont atteints se distinguent par leur comportement apathique, restant immobiles pendant des heures. Ils s’anémient progressivement. Les vieux poissons rouges, dans les bassins de parc ou en aquarium, en sont atteints assez fréquemment.

Infusoires parasites :
  1. Costia
  2. Ichtyophthirius
  3. Chilodon
  4. Cyclochaeta
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2. Les ciliés :

Parmi les infusoires ciliés, le plus gros et le plus redoutable est l’Ichtyophthirius, qui provoque la maladie des petits points blancs. Ce protozoaire nage d’abord librement en pleine eau. Il est alors en forme de poire. Lorsqu’il s’est fixé sur la peau d’un poisson, il commence à grossir jusqu’à atteindre près d’un millimètre de diamètre : il est donc bien visible à l’œil nu. Ses cils, disposés par rangées, lui impriment un mouvement de rotation continuel. Il traverse l’épiderme et forme des pustules dans le derme, ce qui donne au poisson une surface granuleuse très caractéristique. Lorsque le parasite est mûr, il sort de sa capsule, s’entoure d’une couche de mucus, et se divise très rapidement en près d’un millier de petites cellules. Celle-ci sont libérées et nagent à la recherche d’une nouvelle victime. Si elles n’en trouvent pas elles meurent au bout de quelques heures. L’ichtyophthirius est répandu partout et s’attaque à toutes sortes de poissons, en eau douce ou dans la mer. Ce parasite est surtout dangereux là où les poissons vivent trop serrés. La mort est due à l’inflammation de la peau et aux infections secondaires, principalement dues à des champignons. Il arrive aussi que les poissons deviennent aveugles.

Les Cyclochaeta sont des parasites de la peau et des branchies, dont on distingue plusieurs espèces. Ils se manifestent par un voile à la surface du poisson, suivi d’inflammation de la peau et parfois de mort. Leurs dimensions varient entre 9 et 15 millièmes de millimètres. Ils sont en forme de cloche et bien reconnaissables à leur couronne d’épines (voir figure).

Ces parasites ont provoqué des épizooties chez les agones (aloses) du lac de Lugano et chez les truites arc-en-ciel. On a vu également des hécatombes d’alevins de sandres et, dans un cas, de jeunes cyprinidés, dues à des cyclochètes. Mais on les trouve aussi associés à d’autres parasites et elles semblent alors s’attaquer à des poissons débiles. Il est probable que ces protozoaires sont beaucoup plus répandus qu’on ne le soupçonne, car on les trouve en petit nombre sur des poissons qui semblent parfaitement sains et qui les supportent alors très bien.

Un autre infusoire cilié, qui forme aussi un amas trouble sur la peau, est le chilodon, récemment baptisé Chilodonella. Il est considérablement plus grand que le précédent. En cherchant bien, on le trouve sur beaucoup de tanches, de carpes et de truites en bonne santé. Lorsque les poissons sont trop nombreux ou qu’ils sont affaiblis pour une raison ou une autre, ce parasite se multiplie abondamment et devient de plus en plus nuisible, car il envahit alors les individus sains et provoque de véritables épidémies.

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3. Les sporozoaires :

Les plus importants microbes du poisson sont les sporozoaires. Ils sont caractérisés par l’existence d’une forme résistante ou spore, dont la figure 5 montre quelques exemples. Mentionnons d’abord deux des maladies les plus fréquentes et les plus dangereuses provoquées par des sporozoaires : la peste du barbeau et celle des corégones, qui se ressemblent beaucoup.

  1. Myxobolus
  2. Lentospora
  3. Myxobolus dispar
  4. Heferellus
  5. Henneguya zschokkei
  6. Myxidium
  7. Eimeria
  8. Glugea

La première, dont l’agent est le Myxobolus pfeifferi, extermine de temps à autre la population des barbeaux de bassins fluviaux entiers, qu’il faut ensuite des années pour repeupler. Ces protozoaires provoquent des abcès, dans lesquels ils se multiplient et qui éclatent en libérant des millions de spores en provoquant ainsi des infections en masse, surtout en été et au début de l’automne. La chair des poissons atteints devient amère et impropre à la consommation, même après guérison.

La maladie des corégones est due à l’Henneguya zschokkei. Les abcès qu’elle forme sont des ampoules molles, qui peuvent atteindre la grosseur d’un oeuf de pigeon et contiennent un liquide blanc laiteux. Sous l’objectif du microscope, on voit que la masse est formée de millions de spores portant deux longues queues. En vidant des poissons, on remarque fréquemment de petites pustules sur le foie, le rein ou la vessie natatoire, quelquefois à peine aussi grandes qu’une tête d’épingle, ou de petites ampoules remplies de liquide. Le plus souvent c’est aussi l’oeuvre de divers sporozoaires. D’autres provoquent des ulcérations des branchies ou des affections des yeux. Quelques espèces pénètrent dans les ovaires, où elles détruisent les ovules et peuvent entraîner une stérilité totale.

Faute d’espace, il ne nous est pas possible d’insérer ici tous les sporozoaires de poissons qui ont été décrits. Mais nous devons mentionner une espèce qui vit dans le cartilage et qui est tristement célèbre dans les piscicultures : il s’agit de Lentospora cerebralis, agent du tournis de la truite arc-en-ciel. Cette maladie est endémique par endroits, et très difficile à maîtriser. Elle a fait la ruine de certains élevages. Les spores se rencontrent par centaines de mille dans la vase. Il en sort de petits êtres unicellulaires qui pénètrent dans les alevins, gagnent la tête où ils se nourrissent du cartilage du crâne en formation, démolissant les canaux semi-circulaires de l’oreille interne, organes de l’équilibre. Des troubles caractéristiques apparaissent après 40 à 60 jours. Ce sont des mouvements circulaires violents : le jeune poisson se précipite en tous sens, saute même hors de l’eau, puis retombe épuisé sur le fond, où il reste immobile, respirant rapidement. Le parasite attaque aussi l’extrémité de la colonne vertébrale, endommageant la moelle épinière et déréglant le mécanisme de la pigmentation : la queue du poisson devient noire.

Lorsque la phase aiguë du tournis est passée, cette coloration persiste, ainsi que certaines déformations du crâne et des ouïes. Comme le parasite ne peut se développer que dans le cartilage très jeune et tendre, cette maladie n’atteint que les alevins qui succombent en masse au mois de juin, plus tard dans l’année, ils résistent mieux, mais se développent mal et ne se prêtent plus à l’élevage comme poissons comestibles. Il vaut mieux s’en débarrasser, d’autant plus qu’ils sont alors porteurs du microbe. Après l’âge de six mois, la maladie est passée, mais il reste dans les cavités du squelette, et principalement dans la boîte crânienne, des quantités de spores qui sont libérées si le poisson meurt.

La même maladie peut s’attaquer à la truite de rivière, mais chez cette espèce le cartilage durcit plus vite, et les symptômes sont moins accentués.

On élimine aujourd’hui complètement le microbe par une désinfection radicale, et beaucoup de piscicultures ont été assainies de cette façon. Il faut se garder d’introduire le parasite lors des repeuplements ou en nourrissant avec de la chair de poisson de mer non cuite, car il se rencontre souvent chez la morue. Enfin, signalons encore que certains sporozoaires, comme les coccidies du genre Eimeria, provoquent de violentes inflammations de l’intestin des poissons, reconnaissables à la couleur inaccoutumée des matières fécales, qui deviennent rouge orangé et de consistance gélatineuse. Les poissons maigrissent, deviennent anémiques et meurent en grand nombre. Il semble que la surpopulation favorise l’apparition de la maladie.

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