Bactéries, algues, champignons...
Les maladies infectieuses causées par des micro-organismes végétaux et animaux, ou par des virus
”Dr. PAUL Steinmann” (Trad. E. Binder)
Les bactéries provoquent la furonculose des salmonidés, une maladie qui a son importance au point de vue économique. Elle est due au Bacterium salmonicida et a fait de grands ravages au début du siècle, surtout parmi les truites et les ombres. Il subsiste encore des foyers d’infection dans certaines eaux, d’où se répandent de temps en temps des épizooties. Les poissons malades présentent presque toujours à l’intérieur des muscles des furoncles recouverts de peau tachetée. Lorsque ces abcès crèvent à travers la peau, le pus sanguinolent qui en sort contient des microbes en forme de bâtonnats de deux à trois microns, très contagieux. C’est pourquoi il faut immédiatement capturer les poissons furonculeux et les brûler ou les enterrer loin de l’eau.
Quelquefois les symptômes extérieurs manquent, et les poissons meurent rapidement d’entérite, de péritonite ou d’empoisonnement du sang. Dans ce cas, on ne peut identifier les microbes que par des recherches bactériologiques, comportant des cultures et des essais sérologiques.
La furonculose se répand surtout dans les eaux souillées de matières organiques et non dans l’eau de source fraîche et oxygénée. En cas d’épidémie dans un élevage, une désinfection radicale au permanganate ou à la chaux vive est indispensable.
Quelques autres maladies bactériennes ne sont pas encore complètement éclaircies : la peste rouge, ou pourpre, ou rouget des cyprinidés et celle de l’anguille, l’hydropisie infectieuse de la carpe, la jaunisse du rotengle, la lépidarthrose ou soulèvement des écailles et la maladie du brochet. Cette dernière, qui décime les brochets surtout après la fraie, est très discutée, car ses symptômes sont variables, et le microbe responsable n’a pas encore été identifié avec certitude.
Les algues provoquent aussi des maladies, plus souvent qu’on ne le pensait autrefois. On trouve de vieux poissons "moussus" portant une véritable fourrure de ces algues qui pénètrent et prolifèrent sous la peau, ce qui peut causer des inflammations. Mais celles qui parasitent les branchies sont bien plus dangereuses. Ce sont le Mycophilus cyprini et l’Ichthyochytrium vulgare, décrites par Plehn. Elles provoquent des troubles de la respiration chez les cyprinidés.
Le vertige de la truite et des salmonidés (à ne pas confondre avec le tournis) est causé par une autre algue, l’Ichtyophonus hoferi, qui vit dans l’intestin et s’y rassemble en paquets. C’est souvent avec de la chair de poisson de mer que cette algue est introduite dans les élevages de truites. Le vertige ne se manifeste que lorsque l’algue pénètre dans le cerveau. La maladie évolue très lentement, et la mort ne survient en général qu’après plusieurs mois.
Parmi les moisissures, les plus dangereuses sont les Saprolegnia qui forment la "mousse", le "blanc" des poissons. Elles prolifèrent sur la peau, les muscles, les nageoires, les yeux, à la suite de divers accidents : blessures, défauts des écailles, état d’affaiblissement dû à la faim ou à une précédente maladie. Les moisissures s’attaquent aussi aux oeufs en développement, c’est le "byssus" redouté des pisciculteurs. Certaines espèces semblent particulièrement virulentes. On peut les combattre par des lavages, et, comme elles ne prospèrent pas à l’obscurité, on obtient parfois une amélioration en recouvrant de planches flottantes la surface des étangs et des bassins d’élevage.
La pourriture des branchies, chez les carpes, est aussi due à un champignon, le Branchiomyces sanguinis.
