Samedi, 19 Mai 2012

La peau et les écailles

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La peau est une couche de tissus protecteurs (de tégument) contre les multiples influences du milieu extérieur. Chez nous, c’est aussi un organe excréteur de sueur. Les poissons ne transpirent pas, mais leur peau sécrète un abondant mucus, enduit visqueux, "glu", qui contribue à favoriser leur glissement dans l’eau et qui constitue un préservatif, en particulier contre les infections et les parasites. Il suffit d’observer le développement de la "mousse", sur le corps des poissons affaiblis ou trop manipulés, pour s’en convaincre. On voit parfois des places attaquées par le champignon correspondre exactement à la marque des doigts qui ont saisi et serré l’animal. L’intégrité de cette enveloppe muqueuse est également essentielle à la régulation aqueuse du corps. On sait, par exemple, que l’anguille prise en eau douce supporte bien l’eau de mer, mais qu’essuyée pour enlever la couche de mucus, elle meurt rapidement par l’effet de la salure. La plupart des poissons sont couverts d’une carapace souple, formée de plaques minces imbriquées comme les tuiles d’un toit.

Le plus souvent ces écailles sont lisses, ce sont des écailles cycloïdes, (figure), parfois elles sont plus ou moins couvertes d’aspérités fines qui les rendent rugueuses, ce sont alors des écailles cténoïdes, celles des perches, par exemple. L’esturgeon porte des plaques spéciales couvertes d’émail, qui ont la consistance des dents, ce sont des écailles ganoïdes.

Le nombre et la disposition des écailles sont sensiblement constants dans une espèce donnée. Ces caractères sont souvent employés dans la détermination. On compte par exemple les écailles le long de la ligne médiane des flancs. Comme ces écailles sont d’habitude perforées, formant ensemble la ligne latérale, elles sont faciles à reconnaître. Pour dénombrer les rangées au-dessus et au-dessous de cette ligne, il est préférable de compter en suivant une oblique. Les écailles sont des formations de la peau, l’épiderme les recouvre. Leur intégrité est importante pour la santé du poisson. Quand elles sont accidentellement arrachées, par les mailles d’un filet en particulier, elles se reconstituent si le poisson guérit, mais on observera, dans les viviers, que ces blessures, en apparence négligeables, sont les portes d’entrée des infections.

Le nombre des écailles ne varie guère au cours de l’existence, elles s’accroissent au fur et à mesure que le poisson grandit, puisque l’écaillure garde son aspect. Cet accroissement est saisonnier et fort ralenti en hiver. On l’observe aisément à la loupe sous forme de stries concentriques, nettement plus serrées quand elles se forment pendant la mauvaise saison. Une écaille se présente ainsi comme la coupe d’un tronc avec des anneaux d’accroissement annuels, chaque anneau correspondant à une année. L’évaluation de l’âge d’un poisson par ce genre d’examen s’appelle la scalimétrie.

La technique exige une grande habitude, les causes d’erreurs étant multiples; c’est pourquoi on parle de la "lecture” des écailles. Par exemple, une maladie, une blessure assez grave, en diminuant la vitalité de l’individu, ont pu arrêter sa croissance normale et il peut en résulter un anneau de plus. Ou bien le boril des écailles a été entamé par les frottements. C’est le cas lors de la fraie des salmonidés et l’anneau correspondant apparaît comme rongé, incomplet, parmi les cercles concentriques. Ce sont les marques de fraie grâce auxquelles on peut apprécier, par exemple, si un saumon en est à sa deuxième, parfois à sa troisième période de reproduction.

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