Dans les conditions naturelles, la croissance moyenne, dans une espèce donnée, est assez régulière, malgré d’inévitables écarts individuels. Ce n’est que dans les cas extrêmes de confinement que des différences parfois considérables se manifestent.
(figure)
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Deux carpillons de l’année. L’individu nain, obtenu par une sévère disette, mesurait 5,6 cm et pesait 8 gr. Le géant, résultat d’un gavage, atteignait 24,5 cm et 620 gr.
Quand il s’agit d’espèces prédatrices, tenues en bassin fermé où les plus faibles ne trouvent pas les abris, les refuges nécessaires, un cannibalisme effréné peut se produire, qui aboutit à la croissance prodigieuse de certains individus. On a vu ainsi des brochetons d’une année atteindre la taille d’individus de trois ou quatre ans. En espace confiné, les premières truitelles qui deviennent prédatrices se développent aux dépens de leurs semblables et atteignent dans l’été 15 à 20 centimètres contre 5 cm. à peine pour les plus retardataires.
Même dans la nature, des différences s’observent selon la grandeur des bassins naturels, selon la flore aquatique, selon la température annuelle moyenne, bref, selon les conditions naturelles du milieu. La croissance est généralement à peu près égale dans les deux sexes, pourtant chez certaines espèces on relève des écarts notables. Une femelle de carpe est plus grosse qu’un mâle de même âge, qu’elle dépasse facilement d’un tiers ou même de la moitié. Les gros brochets de plus d’un mètre sont infailliblement des femelles, dans le lac Léman en tout cas, où un mâle d’un mètre est déjà une rareté. Les mâles d’anguilles n’atteignent jamais cinquante centimètres.
Nous avons vu que l’âge d’un poisson peut être établi avec une exactitude satisfaisante par l’examen de ses écailles, à un ou deux ans près, même chez les vieux individus. C’est un moyen d’apprécier la longévité beaucoup plus sûr, dans la plupart des cas, que les témoignages des traditions locales. Je sais un étang près de Paris où un gros brochet, baptisé "le notaire", occupait en seigneur une anse favorable. La tradition voulait qu’il fût imprenable, ayant déjoué toutes les ruses des propriétaires depuis des générations ! Sa longueur était appréciée à un mètre cinquante au moins. Mais le plus bel exemplaire que j’ai vu (au Léman) pesait 19,2 kg. et mesurait 128 cm., c’était une femelle naturellement. L’animal se trouve, naturalisé, au musée de Lausanne.
La lecture des écailles indiquait 15 ans. Comme les stries étaient fort nettes, une erreur de plus d’un ou deux ans est totalement exclue. Nous sommes donc bien loin du brochet qui survit à plusieurs générations humaines ou des carpes centenaires. Voici un tableau de quelques records de longévité raisonnablement vérifiés, établi en grande partie d’après une enquête minutieuse de Flower.
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Carpe |
Aquarium de Francfort |
3 à 8 |
|
ans |
67.50 |
|
cm |
9.400 |
|
Kg |
|
Carpe |
Aquarium de Berlin |
3 à 7 |
|
ans |
95.00 |
|
cm |
20.500 |
|
kg |
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Anguille |
Aquarium de Toulouse |
2 à 4 |
|
ans |
110.00 |
|
cm |
2.500 |
|
kg |
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Truite Fario |
Rivière anglaise |
1 à 5 |
|
ans |
--.--- |
|
|
--.--- |
|
|
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Truite de lac |
Lac de Constance |
1 à 2 |
|
ans |
103.00 |
|
cm |
1.500 |
|
kg |
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Brochet |
Lac Léman |
1 à 5 |
|
ans |
128.00 |
|
cm |
19.200 |
|
kg |
|
Sandre |
Lac Balaton |
1 à 4 |
|
ans |
81.00 |
|
cm |
8.400 |
|
kg |
|
Brème |
Lac de Constance |
1 à 7 |
|
ans |
66.00 |
|
cm |
4.800 |
|
kg |
On trouvera peut-être, sans trop de peine, d'autre records, mais on peut tenir pour certain qu'ils ne seront pas beaucoup supérieurs. Quant aux records de poids, ils ont été enregistrés par la revue ”La Pêche Indépendante”. Voici les derniers que j'ai pu relever :
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Truite |
6.100 |
|
Kg |
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Bardeau |
11.100 |
|
kg |
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Gardon |
0.780 |
|
kg |
|
Brochet |
12.600 |
|
Kg |
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Tanche |
2.865 |
|
Kg |
|
Vandoise |
1.100 |
|
Kg |
|
Perche |
2.225 |
|
Kg |
|
Brème |
3.550 |
|
Kg |
|
Anguille |
2.830 |
|
Kg |
|
Black-bass |
1.950 |
|
Kg |
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Chevaine |
9.250 |
|
Kg |
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Saumon |
16.500 |
|
Kg |
|
Carpe |
15.000 |
|
kg |
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Rotengle |
1.300 |
|
Kg |
|
|
|
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