La pression :Nous sommes incapables d’imaginer en quoi consiste ces sensations, pour la même raison qu’un aveugle-né ne peut pas se représenter les couleurs. Certes, nous ressentons l’augmentation de la pression de l’eau en descendant en profondeur et surtout, nous éprouvons des bourdonnements d’oreilles et des malaises en remontant trop vite, mais alors ce sont déjà des troubles fonctionnels. Les poissons, au contraire, sont pourvus d’appareils qui enregistrent les variations de pression. Ce sont la vessie natatoire et chez les cyprinidés, chez les loches et quelques autres, l’appareil de Weber. La vessie natatoire des poissons est un stabilisateur hydrostatique, comparable au ballon qu’un aéronaute gonfle pour une ascension et dégonfle pour redescendre. Chez les physoclistes, la vessie est close et le gaz qui la remplit est sécrété par une glande spéciale, la glande gazeuse. Quand l’air de la vessie est en excès, il peut être résorbé par un autre organe, l’oval, où cet air se dissout dans le sang. Glande gazeuse et oval sont faciles à observer chez la perche, par exemple. Chez les poissons physostomes, la vessie communique avec l’œsophage par un mince canal pneumatique. Au besoin, un poisson de ce groupe peut venir à la surface gober de l’air et en tout cas, si la pression de la vessie est excessive, il peut rejeter l’excès de gaz sous forme de bulles, par la bouche, ce qui a pour résultat de l’alourdir et de lui permettre de s’enfoncer. Mais la vessie n’est pas seulement un stabilisateur, c’est aussi un organe récepteur sensible à une pression. C’est du moins le cas chez les poissons qui possèdent les osselets de Weber. |

