L'audition :
L’audition, entendre, c’est éprouver les impressions (les sons et les bruits) qui résultent de l’ébranlement de l’air, de l’eau ou d’une matière solide. Pour entendre dans l’eau une parole prononcée dans l’air, il faudrait que l’agitation minime de l’air se transmette à la masse liquide, ce qui ne se produit qu’à peine. Au contraire, le bruit produit par les sabots sur le fond d’un bateau, ou même celui des pas sur une berge, se communique facilement à l’eau. Pour juger de l’ouïe des poissons, il importe donc de s’assurer que les ondes sonores parcourent réellement le liquide où ils baignent. Moyennant cette précaution, il est facile de prouver que les poissons entendent, et même fort bien, et réagissent avec une grande vivacité, d’autant plus que les sons circulent dans l’eau trois fois plus vite que dans l’air. Les expériences de divers auteurs ont montré des différences sensibles, selon les espèces, et même des écarts notables entre les individus - d’une même espèce. Les cyprinidés sont particulièrement doués : ils entendent les vibrations correspondant aux sons musicaux ordinaires d’un orchestre (de 16 à 5000 vibrations environ) et distinguent les écarts d’un ton ou même d’un demi ton, ce qui est remarquable.
Les poissons n’ont que des oreilles internes. La figure 11 montre l’aspect d’un de ces organes. Leur oreille comprend deux parties. En haut sur la figure, la partie triangulaire qui porte trois tubulures, représente l’utricule et ses trois canaux semi-circulaires. C’est l’organe essentiel de l’équilibre. En bas sur la figure, l’appendice inférieur ovale représente le véritable centre de l’audition, c’est le saccule, avec à droite la lagena, comme une sorte de petit bourgeon. Ce bourgeon répond à ce que nous appelons le colimaçon dans notre propre oreille. L’appareil auditif est donc rudimentaire comparé au nôtre, aussi les poissons n’ont-ils pas la finesse de notre ouïe, notre capacité remarquable de discerner d’infimes écarts de tons et, surtout, de situer dans l’espace les bruits perçus.
En revanche, leur organe équilibreur avec ses canaux semi-circulaires, atteint des dimensions relativement considérables. C’est de cet organe que partent les influx nerveux qui règlent automatiquement les mouvements nécessaires à l’équilibre. Commandes nerveuses d’une précision et d’une rapidité remarquables, si l’on songe à l’instabilité d’un courant violent ou d’un remous.
