L’étude de la circulation sanguine vient tout naturellement après celle de la respiration, car c’est le sang qui transporte partout, avec les substances nutritives, l’oxygène nécessaire à la vie des cellules, emportant les déchets qui doivent être éliminés, en particulier le gaz carbonique, qui est rejeté par les branchies. Le système circulatoire, comme chez nous, comprend un coeur, des artères, des capillaires, des veines, des vaisseaux lymphatiques. Dans ces derniers ne circule que le liquide sanguin privé de ses globules rouges.
Le coeur est très simple comme le montre l’observation d’un alevin à la loupe. C’est un canal coudé (fig. 5) formé d’une succession de loges qui se dilatent et se contractent rythmiquement. Le sang provenant du corps arrive par un court collecteur transversal, le canal de Cuvier, dans le sinus cardiaque. Il s’écoule de là dans l’oreillette qui, en se contractant, l’envoie dans la loge suivante, le ventricule. Celui-ci est très musclé, il se contracte à son tour, expédiant le liquide dans le canal de sortie, dont l’origine est évasée et constitue le cône artériel. Le cône artériel n’appartient déjà plus au coeur, mais il se dilate et se contracte aussi à chaque pulsation. Des valves empêchent le sang de refluer, le courant s’établit donc en direction des arcs branchiaux par le tronc aortique. Ce vaisseau se subdivise presque aussitôt en quatre paires d’artères branchiales, qui se résolvent en capillaires dans les branchies. Au sortir des branchies, le sang est oxygéné, il arrive dans les deux racines aortiques, qui se réunissent pour former l’aorte dorsale, par laquelle le sang est conduit au corps et aux divers organes. Les racines aortiques émettent vers l’avant des artères céphaliques qui irriguent la tête (fig. 6).
On sait que l’oxygène indispenpensable à la vie des cellules dans tout le corps est transporté, chez les vertébrés, par les globules rouges du sang. Les globules rouges des poissons sont plus faciles à observer que ceux de l’homme, parce qu’ils sont plus grands. Avec un microscope moyen, on les reconnaît aisément comme des cellules ovales pourvues d’un noyau. Ceux de la carpe, par exemple, mesurent 12 x 9 microns (millièmes de millimètre), ceux de la truite 15 x 11, tandis que nos globules arrondis ne dépassent pas 7 microns. Chez les poissons, c’est la rate qui est le siège de la formation des cellules sanguines, elle est souvent très dilatée chez les individus malades. La rate, comme chez nous, est un organe de la circulation sanguine.