Samedi, 19 Mai 2012

La nutrition

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Nous décrirons succinctement comme organes de la nutrition : la bouche, le tube digestif, le foie et le pancréas. La bouche - Sa position au bout du museau varie quelque peu. Elle peut être terminale, ou en position inférieure, parfois même dirigée vers le haut.

Sa situation est en relation avec le genre de vie. On peut présumer qu’un poisson dont la bouche s’ouvre vers le bas recherche sa nourriture dans la faune ou les détritus du fond. Une gueule ouverte vers le haut indique un prédateur atteignant ses proies par dessous. Les poissons qui fouillent la vase ont souvent un museau extensible en une sorte de trompe aspiratrice, qui se développe comme un soufflet d’appareil photographique. La gueule des cyprinidés ne porte pas de dents, celle des poissons rapaces peut en être tapissée, comme une machine à carder la laine. Dans ce cas, les dents ne sont pas implantées seulement sur les mâchoires, mais aussi sur les os du palais et même sur la langue. Les dents ne servent jamais qu’à retenir les proies qui sont toujours avalées entières. Pourtant, les cyprinidés, qui n’ont justement pas de dents véritables, peuvent déchirer leurs proies en les avalant, grâce à un appareil triturateur qu’ils ont au fond du gosier, appareil formé des os pharyngiens armés des dents pharyngiennes.

Le tube digestif et ses annexes sont concentrés dans la cavité abdominale, sous la vessie natatoire, qu’on reconnaît facilement à son aspect argenté. En dehors de l’époque de reproduction, il occupe presque toute la place disponible et il faut le dégager, de préférence dans l’eau où les organes aotteront, pour en reconnaître les parties. Immédiatement en arrière des branchies, le tube débute par l’oesophage qui s’évase en un estomac coudé. A la sortie de l’estomac, on repérera le plus souvent des appendices plus ou moins nombreux, les coecums pyloriques (trois chez la perche, fort nombreux chez les salmonidés). L’intestin est replié en longueur et débouche à l’anus toujours situé en avant de la nageoire anale. Le foie est volumineux et coiffé pour ainsi dire l’estomac et les replis antérieurs de l’intestin. C’est un accumulateur de graisse et de sucre : il sécrète la bile qui s’accumule dans la vésicule biliaire. Le pancréas est diffus, accolé au foie ou le long du tube digestif, il sécrète les ferments contenus dans le suc pancréatique. On sait qu’il déverse aussi dans le sang une hormone, l’insuline, dont l’absence provoque des désordres qui constituent le diabète.

La digestion des poissons est analogue à la nôtre. On notera cependant une différence sensible. Leurs ferments digestifs agissent à des températures où les nôtres seraient inactivés. Tout au plus sont-ils ralentis par le froid chez les espèces qui vivent en eau tiède et dont la digestion est fortement entravée en hiver. Ce n’est pas le cas des truites, dout l’activité se maintient malgré les grands froids. Ce n’est pas la température qui arrête l’alimentation des truites en décembre, c’est leur activité reproductrice.
Signalons à titre de curiosité que les cyprinidés n’ont pas de véritable estomac, en particulier leur tube digestif ne sécrète pas de pepsine, le ferment gastrique typique. Ces poissons n’ont qu’un faux estomac !

La recherche de la nourriture - Les modalités de cette recherche sont très variables et les observations faites sur une espèce donnée ne sont pas directement valables pour une autre espèce, même voisine. On pourrait même signaler des écarts entre des races. On nourrit facilement les truites arc-en-ciel avec des aliments artificiels; l’élevage des truites fario est considérablement plus malaisé. Un brochet ne chasse pas comme une anguille. Le premier chasse à vue, la seconde à l’odorat.

Le brochet s’élance sur un vif ou sur un leurre mobile. Aveuglé, il se précipite encore sur une proie qui se déplace, mais il est incapable de s’en saisir tant qu’elle reste immobile. Son attaque peut encore être déclenchée si on agite un appât près de lui; donc, il peut être guidé par les ébranlements de l’eau, mais aveugle, il mourra de faim à côté d’une abondance de proies inertes. L’anguille aveuglée, au contraire, découvre sans peine un appât immobile, parce que, comme un chien, elle chasse surtout à l’odorat. C’est en général l’odorat et le goût qui guident principalement les poissons de fond.

A l’intérieur d’une même espèce, les individus peuvent se conduire différemment, en fonction des circonstances. Les truites, dans un lac de montagne pauvre, mourraient de faim si elles avaient les habitudes des truites de ruisseau où la nourriture abonde. La conduite d’un même individu varie selon les saisons ou les heures du jour, selon les impulsions internes ou externes. Avec l’âge aussi le régime varie. La plupart des alevins en eau calme en tout cas, se nourrissent de plancton, même si plus tard ils deviennent des rapaces.

Mais tous les individus d’une même espèce qui ont subi les mêmes influences, se comportent sensiblement de la même façon. Les pêcheurs savent bien que les variations individuelles restent dans des limites très étroites. Toutes les subtilités des nombreux modes de pêche sont commandées par les réactions instinctives propres à chaque espèce.

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