C’est presque un mythe, c’est en tout cas une exagération tenace de certains pêcheurs qui n’en veulent pas... démordre !
Un animal a besoin de nourriture :
- pour subsister
- pour conserver sa chaleur
- pour augmenter de taille
- pour mûrir ses organes reproducteurs
De ces termes, le deuxième est quasi nul chez les poissons qui conservent sensiblement la température du milieu et le quatrième, qui est saisonnier, ne semble pas important. Au contraire du poisson, un animal à sang chaud, un oiseau surtout dont la température reste voisine de 40 degrés, "brûle" beaucoup de combustible pour maintenir cette chaleur. Il faut donc logiquement s’attendre à ce que la ration alimentaire d’un poisson soit relativement faible : il n’y a guère de raison qu’il soit vorace. La ration quotidienne pour un homme normal représente 0,7 à 0,8% de son poids. On a calculé qu’elle n’est que de 4,5% en été, chez des carpes à l’engrais.
Un tel résultat est bien conforme à ce qu’on pouvait supposer, sachant que les besoins d’énergie des animaux sont inversement proportionnel à leur taille, et que la croissance des carpes d’élevage est fort accélérée. Pour un brocheton d’une année, la ration quotidienne s’est élevée à 3 ou 5 % quand la nourriture était du poisson blanc, à 11 ou 12% avec des gammares comme aliments.
Douze pour cent pour un brocheton en pleine croissance, nous voilà bien loin du brochet qui mange son propre poids par jour. Pourtant, les recherches expérimentales ont établi la réelle voracité des alevins, dont les rations sont de l’ordre de 10 à 12 %. L’appétit des poissons dépend assez étroitement de la température de l’eau et augmente avec elle jusqu’à un certain point. A 18 degrés l’appétit des truites atteint un maximum, leur ration à ce moment peut représenter 10 %, leur croissance est alors remarquable.
Dans la nature, les poissons trouvent toujours dans leur nourriture les vitamines dont ils ont besoin. En pisciculture, avec l’alimentation artificielle, il importe de leur assurer un apport de ces substances indispensables. On voit encore fréquemment des élevages qui périclitent, tout au moins qui végètent, faute de cette précaution.
