Samedi, 19 Mai 2012

Pollution et protection des eaux

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”E. BINDER” (d’après E. Wuhrmann et H. Worker)


Les pêcheurs comptent parmi les adversaires les plus actifs de la pollution des eaux, car ils considèrent avec raison qu’elle est l’une des principales entraves à leur activité. C’est pourquoi ce sujet a sa place ici. Son but est de renseigner le lecteur sur les moyens techniques dont on dispose pour la protection des eaux : il faut qu’il puisse à l’occasion juger de la valeur des mesures envisagées pour protéger ses lieux de pêche, ou de l’opportunité d’un projet d’installation de purification, qui risque de lui coûter fort cher en tant que contribuable. Notre but, ici, est d’exposer aussi simplement que possible les principes qui doivent servir de base à toute étude détaillée des cas particuliers.

Dégats causés à la pêche par des eaux souillées :

L’eau ne doit pas être altérée d’une manière qui détruise les poissons se trouvant naturellement, raréfie leur nourriture, empêche le développement de leurs oeufs ou qui entrave l’exercice de la pêche. C’est ainsi que Wundsch définit le but de la protection des eaux. Il indique du même coup les modalités d’action de la pollution sur les poissons et leur exploitation.

Il y a lieu de distinguer deux sortes de pollution. des eaux, qui diffèrent par leur origine et par leur action :

”L’empoisonnement aigu, rapide, par des poisons violents;” les actions lentes, progressives, qui rendent peu à peu l’eau inhabitable pour les poissons soit en modifiant sa composition chimique, soit en raréfiant la nourriture, en détruisant les oeufs, ou encore en diminuant la résistance des poissons à la maladie.

En pratique, il n’est pas toujours possible de distinguer nettement entre ces deux types de pollution. Par exemple, dans une eau habituellement propre, des vagues toxiques, courtes mais répétées, peuvent maintenir la quantité de poissons aussi basse que si l’eau était constamment très souillée. Cependant, d’une façon générale, les empoisonnements aigus ont une action brusque et spectaculaire qui les rend reconnaissables à première vue. Le plus souvent on peut en évaluer approximativement les dégâts, et plus tard les eaux atteintes finissent par se repeupler. Au contraire, les actions chroniques sont difficiles à déceler à leurs débuts, même pour les spécialistes. Ce n’est qu’au bout de quelques mois ou de quelques années qu’on s’aperçoit qu’il y a quelque chose de changé dans le milieu biologique, car le rendement de la pêche diminue constamment.

Empoisonnement aigü :

On lit de temps en temps dans les journaux un bref compte-rendu relatant la destruction des poissons d’une rivière par le déversement d’eaux souillées. Ce court fait-divers représente une véritable tragédie pour le pêcheur qui aime sa rivière et qui, peut-être, a contribué à grands frais à son repeuplement et à son entretien. On n’a pas de statistique d’ensemble des empoisonnements de rivières, mais ils doivent être assez nombreux.

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