Samedi, 19 Mai 2012

Les qualités de l'eau

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Nous avons vu qu’elles étaient influencées par les conditions du milieu extérieur. Aussi, les qualités de l’eau sont-elles variables d’un lac à l’autre, d’un point à l’autre d’un lac et, sans exagérer, disons d’une saison à l’autre.

Un des éléments les plus variables au cours d’une année, est sans aucun doute la température de l’air. Elle influe directement sur celle de l’eau qui, étant en état de stagnation presque parfaite, puisque le volume qui passe des affluents aux émissaires est très faible par rapport à la masse, va présenter des particularités bien propres aux lacs. En été, par exemple, pour une nappe telle que le lac d’Aiguebelette, nous assistons depuis la surface vers le fond, à soixante-dix mètres, à une diminution irrégulière de la température.

Surface 10 m 50 m
Profondeurs
5 m 7.5 m
20 m 30 m
70 m
Températures le 21 août 1951 23.2° 22.6° 17.2° 09.7° 04.9° 04.7° 04.6° 04.6°


On constate qu’il existe entre cinq et dix mètres une couche de variation brusque, dite couche du saut thermique, séparant une zone superficielle chaude à variation lente d’une zone froide, profonde, représentant la majorité de l’épaisseur, et dont la température est minimum au fond. Dans les lacs plus profonds, le même phénomène se reproduit mais la température descend encore un peu plus bas, au voisinage de 4 degrés. Ces températures constatées en allant de la surface en profondeur correspondent à des densités croissantes qui atteignent leur maximum au fond. Une véritable stratification de l’eau est ainsi réalisée. Tout échauffement extérieur modifie évidemment la température de l’eau, mais son influence, en raison de la chaleur spécifique de l’eau et de la lenteur relative des échanges, se fait de moins en moins sentir au fur et à mesure que la profondeur augmente. Ainsi s’explique la température assez constante et voisine de 4 degrés de l’eau de profondeur de certains grands lacs.

Cette apparente stabilité de la masse d’eau est un phénomène propre à cette période de réchauffement estival et printanier. A l’automne, lorsque l’atmosphère commence à se refroidir, les couches superficielles, à son contact, perdent elles-mêmes quelques degrés, et en augmentant de densité, tendent à descendre dans la masse en produisant, par des courants variés, un brassage général. Ces mouvements se ralentissent peu à peu, pour donner, au cours de l’hiver, une nouvelle stabilisation entre des températures extrêmes très voisines, en général supérieures à la température du maximum de densité. Le réchauffement ultérieur ne fera que relever progressivement la température des diverses couches sans modifier leur étagement. A ce type appartiennent les grands lacs : Léman, Bourget, Annecy. Il en va tout autrement pour les lacs des Vosges, de Gérardmer, de Retournemer, de Longemer, par exemple, dont périodiquement au cours des hivers les plus froids, la surface peut geler.

Pour ceux-là, au cours du réchauffement printanier, l’eau de surface, passant de l’état de glace à la température voisine de 4 degrés, en augmentant progressivement de densité, va tendre à descendre en profondeur. Ces mouvements cesseront dès que toute la masse passée au-dessus de cette température aura retrouvé un nouvel équilibre, sur lequel l’évolution extérieure ne se fera plus sentir que par échauffement des diverses couches sans modifier leur position.

Dans les lacs de moindre importance, des phénomènes analogues prennent naissance, mais en raison de la plus faible profondeur, les températures entre le fond et la surface comportent des écarts moindres.

A ces variations de la température sont liées les variations de l’activité des êtres vivants peuplant le lac, activité ”accrochée” sur le rythme même de la température de l’eau, qui commande le développement ou la floraison des végétaux, la reproduction ou le repos hivernal de telles ou telles espèces animales et, en particulier, des poissons.

Si l’activité des fonctions vitales des végétaux dépend en partie de la température, leur intensité dépend non seulement de celle-ci, mais aussi de la lumière, dont le rôle est grand et règle plus ou moins la répartition de certaines espèces. La disposition ou la densité des plantes, sur la beine ou le mont, frappe les esprits les moins observateurs. La lumière totale, en effet, conditionne l’activité de la fonction chlorophyllienne, créatrice de matière vivante, mais les radiations lumineuses sont déjà absorbées par l’eau pure et disparaissent progressivement avec la profondeur, plus ou moins rapidement, selon leur longueur d’onde. Les eaux naturelles opposent encore à cette pénétration l’obstacle des substances dissoutes ou des matières en suspension, réduisant considérablement les valeurs données par l’expérience dans l’eau pure.

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