Samedi, 19 Mai 2012

La faune et le milieu lacustre

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”R. Joly”

Le plus souvent, on évoque sous le nom de lacs, soit uniquement les immenses étendues d’eau bien représentées dans la région des Savoies par les trois principaux d’entre eux : lac Léman, lac d’Annecy, lac du Bourget, soit aussi les étendues d’eau situées à haute altitude pour lesquelles on admet même de très faibles surfaces.

Mais en quoi ces nappes d’eau non courantes diffèrent-elles alors des étangs dont le touriste parle plutôt avec dédain ? Pour lui, le lac évoque des eaux claires, peut-être des voiles blanches, les sports nautiques ou des eaux froides perdues dans la zone qui avoisine les glaciers. L’étang n’est, pour lui, qu’une étendue d’eau chaude, souvent trouble, et ceinturée d’une zone marécageuse garnie de joncs ou de roseaux, qui en rendent l’approche difficile. En fait, on dénomme lacs des réservoirs d’eau naturels, dont la profondeur est souvent considérable et dont l’origine variable peut être due à l’obstruction d’une vallée par des moraines glaciaires par exemple, ou au remplissage d’un ancien cratère volcanique. Les étangs, par contre, à de rares exceptions près, sont des cuvettes assez plates, formées artificiellement par barrage de dépressions peu marquées. Ces étangs ont été créés dans des buts précis, que ce soit pour la pisciculture ou comme réserve industrielle d’eau.

Ce problème de la profondeur marque si bien une différence entre les deux types de nappes d’eau, que les nouvelles retenues, créées pour la production d’électricité, ont reçu nom de lacs de barrage. Cependant, les lacs comportent certains points communs avec les étangs, lorsque des zones marécageuses peu profondes les bordent, ou avec les cours d’eau de montagne, par leurs rives rocheuses ou caillouteuses battues par les vagues. Masse de l’eau qui leur est propre, rives présentant quelques analogies avec d’autres milieux d’eau douce, en font déjà des ensembles biologiques d’allure très particulière. Mais, encore plus que les eaux courantes pouvant traverser successivement des régions de nature géologique, de climats différents, les étangs - et les lacs, qui nous occupent plus particulièrement ici - sont sensibles aux conditions locales de toutes sortes. Après la topographie, les conditions physico-chimiques de ses eaux influent considérablement sur la vie à l’intérieur du lac. Les végétaux, premiers utilisateurs de la lumière solaire et des éléments de l’eau, sont les premiers influencés ; ils conditionnent le développement d’une foule d’animaux herbivores. Ceux-ci, à leur tour, sont la proie de toute une série de carnassiers dont les oiseaux aquatiques, mais surtout les poissons, forment le terme extrême sur lequel l’attention de l’homme est attirée et à la prospérité desquels il est particulièrement intéressé.

L’étude générale des lacs français n’a été entreprise, dans son ensemble, qu’à partir de la fin du siècle dernier, et de cette époque nous est parvenu le travail de Delebecque sur "Les lacs français" dans lequel se trouvent rassemblés les travaux de l’auteur et de ses collaborateurs sur leur topographie, la composition chimique de leurs eaux, les températures. Il a fourni les premières bases à toutes les recherches ultérieures qui ont réservé aux savants bien des surprises et révélé beaucoup de faits nouveaux.

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